La Thillaye
  L'Église
 



L'église de Saint-Etienne-la-Thillaye

Voici ce qu'écrit Arcisse de Caumont dans son "Statistique Monumentale du Calvados" de 1859 sur l'église de Saint-Etienne-la Thillaye:

SAINT-ÉTIENNE-LA-THILLAYE.
St.-Étienne-la-Thillaye , Sanctus Stephanus de Thilleia,
de Tileia, de Tilia
.

L'église de St.-Étienne-la-Thillaye montre encore quelques parties du XIIIe. siècle, notamment deux petites fenêtres-lancettes dans le mur septentrional du chœur et la porte occidentale de la nef garnie de moulures toriques ; mais les transepts appartiennent au style ogival flamboyant.

Chacune de leurs extrémités (nord et sud) sont éclairées par deux grandes fenêtres à deux baies, à compartiments flamboyants, et les contreforts sont appliqués sur les angles. Le chœur lui-même appartient, en partie, au style ogival de la dernière époque et montre, du côté du sud, deux grandes fenêtres ogivales flamboyantes; c'est du côté du nord qu'il a conservé des parties du XIIIe. siècle.

La nef a été reconstruite dernièrement dans le style ogival; on y a percé, au nord et au sud, des fenêtres séparées en deux baies par un meneau bifurqué au sommet. La corniche a été garnie de dents de scie, comme au XIIIe. siècle. Mais on a laissé subsister la façade occidentale avec sa porte : seulement on a refait la partie supérieure des murs qui supporte la tour ou flèche moderne en ardoise. Cette tour paraît avoir remplacé un clocher-arcade.
On voit, à l'intérieur de l'église, une belle charpente qui porte la date 1643.

Dans le transept sud, on peut remarquer un tableau représentant la sainte Famille , avec le millésime 1632.
Les vitraux attirent surtout l'attention , quoiqu'ils offrent beaucoup de lacunes. Le vitrail du transept sud montre, dans la partie supérieure , la décollation de saint Jean-Baptiste et de sainte Barbe.


Dans le transept sud, le vitrail représente la Vierge aux Litanies, l'immaculée Conception, la naissance de Jésus-Christ.
Je me suis demandé à qui l'église de St.-Étienne était redevable de ces belles vitres : j'ai supposé que ce pourrait être à un prêtre dont la tombe, assez riche, existe dans l'intertransept et porte, en caractères gothiques, une inscription dont voici quelques parties lisibles encore :

HIC JACET SPECTATISSIMUS VIR MAGISTER

DURANDUS LE ...

MERITISSIME VITE QUI ANNO

CRISTIANE SALUTIS MILLESIMO QUINGENTESIMO

......OCTOBRIS I DNO EXPIRAT. ORATE PRO EO

On voit aussi dans les vitraux un fragment d'inscription relevé par M. Rouet et ainsi conçu : et discrète personne maistre, qui s'appliquait évidemment à un prêtre , probablement le donateur de la vître : ce qui m'a porté à penser que ce prêtre était maistre Durand Le... dont nous venons de signaler l'inscription. Ce n'est qu'une conjecture, mais je la consigne ici pour que des recherches soient faites par M. le Curé de St.-Étienne. Il est probable que ce spectatissimus vir a aussi contribué à la reconstruction du transept de St.-Étienne dont le style se rapporte bien au temps où il vivait.
L'église est sous l'invocation de saint Étienne. Le prieuré de Beaumont possédait le patronage.


L'EGLISE

Par Jean PAUL
(extrait des articles « LE CLERGE DE LA PAROISSE, SES BIENS, SES REVENUS »)

... L'église est essentiellement composite. L'édifice actuel montre trois principales périodes de construction. Une première élévation au XIIIème siècle, une reconstruction du transept et d'un mur
du chœur au XVIème et le remontage, au XIXème siècle, des murs du gros oeuvre non remaniés auparavant. Son style architectural est, avant tout, d'inspiration gothique. Les parties effectivement de cette époque recoupent très exactement la période où ce style a prévalu en Normandie: le XIIIème siècle, représenté par le porche occidental et le XVIème siècle, par les baies du transept. Les réfections de la nef et du chœur, au XIXème siècle, sont des rappels discrets de la même période. L'église est "raccommodée". Faite de matériaux disparates, assemblés à plusieurs époques, l'ensemble n'est pourtant pas sans charme. Elle le sait, depuis moins d'une année, chaque fin de semaine, elle s'offre un ravalement aux ampoules ... de projecteurs.

Dans le passé, l'église a retenu l'attention de deux auteurs. Arcisse de Caumont, archéologue, a visité et fait la description de l'église au milieu du XIXème siècle (1); et l'abbé Louis Denis, curé de la paroisse, y a consacré plusieurs numéros dans l'Écho Paroissial de Saint-Etienne-la-Thillaye, dont il a assuré la parution entre 1910 et 1914 (2). La compilation des deux textes permet de dresser une chronologie des transformations apportées au gros oeuvre, à la décoration intérieure et au mobilier depuis le XVIème siècle.

LE XVIème siècle

    1°) Le Gros Oeuvre

        a) Le Transept
La reconstruction du transept n'a pas été la seule réfection apportée au gros oeuvre de l'église au XVIème siècle (voir «Les lieux de culte»). Arcisse de Caumont signale que les deux fenêtres du mur sud du chœur sont de même style que celles du transept, donc refaites à la même époque. Le probable affaissement des terres avait donc affecté le transept, mais aussi un mur du chœur. L'archéologue précise que le mur opposé à celui reconstruit avait conservé ses fenêtres à lancettes, en forme de fer de lance, du XIIIème siècle.

Le transept reconstruit, il a fallu habiller de vitraux ses quatre grandes baies. C'était de "belles vitres" souligne l'archéologue, même si elles présentaient déjà "beaucoup de lacunes". Trop belles pour la modeste église, trop onéreuses pour avoir été choisies par les paroissiens, elles ont toujours été attribuées à un généreux donateur, à un curé de la paroisse, au probable reconstructeur aussi, du transept et du mur du chœur.

PATRIMOINE DE FRANCE
Verrière : l' Immaculée Conception à Saint-Etienne-la-Thillaye (14)

Catégorie : Vitrail
Edifice de conservation : église paroissiale
Description : Fragments ; Vierge revêtue d'une robe damassée blanche ; longue chevelure blonde sur fond rouge ; attributs des litanies
Siècle : 16e siècle
Date protection : 1911/09/30 : classé au titre objet
Statut juridique : propriété de la commune
Type d'étude : liste objets classés MH
Copyright : © Direction du patrimoine, 1992
Référence : PM14000610
















LE GENEREUX DONATEUR.
Depuis un siècle et demi, une voie de recherche a été tracée par Arcisse de Caumont, pourtant l'identité du donateur est restée mystérieuse. Il existe plusieurs présomptions, toutes désignent un abbé, mais aucune n'établit de lien entre l'abbé et les travaux réalisés.

La reconstitution de l'énigme.
 
Avant la venue de l'archéologue, donc au milieu du XIXèmé siècle, il avait été relevé sur un fragment de vitrail, tombé de l'une des baies du transept, une inscription ainsi rédigée: «et discrète personne, Maistre». Dans le langage écrit, la formule employée désignait un représentant du clergé. Le texte écourté est ce qu'il devait rester d'une expression que l'on peut reconstituer ainsi: Offert par noble(?) et discrète personne, Maistre X.
Fort de ce premier indice, Arcisse de Caumont a émis l'hypothèse que le donateur des vitraux pourrait être le prêtre dont la pierre tombale, jugée par lui "assez riche", était et est encore à l'entrée du transept. Un rapprochement suscité par la simultanéité, au XVIème siècle, des travaux exécutés et de la présence de l'abbé dans la paroisse. Il avait d'ailleurs consigné cette conjecture, dans l'espoir que le curé en place, l'abbé Tranquille le Canteur (1820-1880) poursuivrait les recherches. Il n'en a rien fait.

La sépulture de l'abbé.
Une inscription portée sur la pierre tombale placée à l'entrée du transept, gravée en caractères gothiques, rédigée en latin et déjà réduite, au XIXème siècle, à ses parties encore lisibles, nous révèle ceci:
HIC JACET SPECTATISSIMUS VIR MAGISTER
Ici       git          très émérite           homme Maître

DURANDUS LE ..................(le nom est effacé)
Durand           le

MERITISSIME VITE QUI ANNO
très méritante        vie    qui   l'année

CHRISTIANE SALUTIS MILLESIMO QUINGENTISSIMO
chrétienté             salut              mille             cinq cent

.......partie effacée .....OCTOBRIS I DNO ORATE PRO EO
.................................. octobre                         Priez pour lui

L'épitaphe est incomplète, sa traduction est l’œuvre de deux femmes que je remercie. L'inscription nous laisse dans l'ignorance du patronyme du prêtre (pour plus de commodité, nous l'appellerons l'abbé Durand), lequel pouvait être d'ascendance noble, la particule "le" peut l'indiquer, mais ce n'est pas une certitude; enfin, il est décédé en 15.., donc au XVIème siècle.
Une identité incomplète, mais ébauchée, un séjour dans la paroisse que l'abbé avait su rendre mémorable laissaient espérer qu'une rapide investigation suffirait à remplir les blancs apparus sur la pierre. Il n'en a rien été. A ce jour, aucun document du XVIème siècle ou postérieur, ne fait mention de l'abbé Durand. Son séjour dans la paroisse a pu être de courte durée, juste le temps de mener à bien la restauration de l'église, et de s'y faire inhumer. Sa vie passée pouvait aussi être éloignée de son nouveau et dernier lieu de résidence et rendre plus laborieuse la recherche d'actes authentiques. Les registres d'actes notariaux foisonnent d'informations anciennes et crédibles. Tenter de trouver une explication à l'absence de citations de l'abbé peut paraître futile, et pourtant ses deux prédécesseurs à la cure sont de "vieilles connaissances". Il est vrai qu'ils étaient proches parents, le berceau de leur famille était à Reux et ils possédaient des terres à Saint-Etienne.
A ce jour donc, aucun document n'a apporté la preuve que l'abbé Durand serait le reconstructeur du transept, du mur du chœur et le "garnisseur" inspiré des vitraux. L'hypothèse émise par Arcisse de Caumont risquait de rester lettre morte, si la présomption suivante n'était proposée.

La place de la pierre tombale de l'abbé dans l'église
En tout premier lieu, il est important de noter qu'il subsiste une seule pierre tombale dans l'église, celle de l'abbé Durand. Plus de vingt desservants de la paroisse ont pourtant, comme l'abbé, été inhumés dans le chœur entre le XIIIème et le XVIIIème siècle. Pourquoi cet égard réservé à lui seul, a-t-il, plus que tout autre, mérité ce témoignage de reconnaissance ?
L'inhumation des morts dans un cimetière est une pratique ancienne, les premiers "champs de repos" seraient apparus à l'époque gallo-romaine. L'ère chrétienne n'a pas favorisé le développement de cet usage, l'église a longtemps été le lieu de repos préféré des pratiquants. Au XVIIIème siècle, les enterrements dans l'église restaient fréquents. Chacun, selon sa condition, rejoignait la partie de l'église que la coutume lui avait attribuée. Les prêtres et les représentants de la noblesse se partageaient le chœur. En cela, ils ne faisaient que retrouver la partie de l'église qu'ils fréquentaient de leur vivant. Les premiers officiaient à l'autel, les seconds occupaient les stalles placées du côté noble du chœur, le gauche, celui où le prêtre lit l'Évangile. Les nobles se disputaient les places disponibles dans les chapelles latérales du transept, les femmes dans la chapelle de la Vierge, les hommes dans celle consacrée à Saint-Jean. Les gens du peuple se montraient satisfaits d'être admis sous le couvert de la nef, les autres regagnaient un tombeau dans le cimetière.

La sépulture de l'abbé Durand, placée à l'entrée du transept, était donc en rupture de la tradition, elle aurait dû être dans le chœur et y rester.
L'abbé Denis, d'un conservatisme bon teint, se disait outré par le "changement de place (de la sépulture), car on doit se garder de détruire les souvenirs historiques, souvenirs qui font le patrimoine d'une paroisse" précisait-il. Il poursuivait et avançait que le déplacement de la tombe, du chœur dans le transept, aurait pu se produire, au remplacement des dalles de pierre du chœur par un sol de pavés noir et blanc en 1874, toujours en place. La colère du curé de la paroisse donne la mesure du poids de la tradition qui faisait du sous-sol du chœur, le lieu de sépulture obligé de tous les membres du clergé, sans aucune exception. Il lui est pardonné, son emportement lui a fait commettre une erreur, mais elle a ouvert la voie à la présomption annoncée.
La pierre tombale de l'abbé Durand n'a pas été déplacée du chœur dans le transept en 1874, comme le prétend l'abbé Denis, puisque quinze années auparavant, Arcisse de Caumont la disait déjà à l'entrée du transept. De façon très probable, la tombe n'a jamais été changée de place. De propos délibéré, l'abbé Durand a du être inhumé, à son décès, dans le transept qu'il avait reconstruit, dans la partie de l'église éclairée par les lumières colorées de "ses vitraux". Les paroissiens reconnaissants ont voulu pour toujours associer l'abbé à son oeuvre. Ce n'était pas le chœur où la tradition aurait voulu qu'il soit, mais "son transept".
L'état de conservation de la pierre tombale, sa bonne résistance à l'usure confortent cette hypothèse. Une rapide observation fait apparaître que les parties de l'inscription lisibles au XIXème siècle, si elles ne sont pas aujourd'hui d'une lecture plus facile, elles n'en restent pas moins accessibles. Le passage d'une multitude de fidèles pendant cent-cinquante années, a donc peu altéré la roche dure et compacte, dans laquelle a été taillée la sépulture. De toute évidence, l'effacement total de certaines parties de l'inscription a demandé une étendue de temps plus considérable. Un temps qui doit correspondre aux trois siècles qui se sont écoulés entre l'inhumation de l'abbé dans le transept au XVIème siècle et la relecture de l'épitaphe par Arcisse de Caumont au milieu du XIXème siècle. Trois siècles pendant lesquels les fidèles ont emprunté le passage obligé de l'entrée du transept, pour aller de la nef dans le chœur.

La sépulture de l'abbé Durand n'a, de façon vraisemblable, jamais été dans le
chœur. Depuis son décès, l'abbé doit reposer dans la partie de l'église qu'il a reconst
ruite, le transept, au seul endroit où les paroissiens ont voulu qu'il soit.


Les autres desservants de la paroisse au XVIème siècle.
Ce qu'il reste de la date du décès de l'abbé Durand sur sa sépulture: 15.., les derniers chiffres sont effacés, permet au moins, d'affirmer qu'il a desservi la paroisse au XVIème siècle.
Le clergé détaché dans les paroisses était stable entre le XVIème et le XIXème siècle; la période suivante n'est plus représentative.
Entre 1614, l'année du premier registre paroissial et la fin du XIXème siècle, neuf prêtres ont occupé la cure. Chacun, en moyenne, a exercé trente-deux années et quatre ont passé toute leur vie sacerdotale dans la paroisse. Un autre trait remarquable sur cette période, par deux fois, deux membres d'une même famille se sont succédés à la cure. La possibilité donnée au prêtre sortant de recommander un successeur de son choix a favorisé ces enchaînements familiaux. La famille Le Cordier a, de ce fait, occupé la cure soixante-seize années consécutives. Un siècle après, Tranquille le Canteur (1820-1880), puis son neveu Denis Bottey (1880-1902) ont présidé aux destinées de la paroisse pendant quatre-vingt-deux années. Les mêmes règles de durée et de mainmise d'une famille semblent avoir prévalu au XVIème siècle. C'était alors la dynastie des Bougard.

La famille Bougard
Les Bougard étaient une famille de notables très présents sur les paroisses de Reux et de Saint-Etienne. Avocats, notaires, prêtres, agriculteurs surtout, tous ont contribué à la renommée de la dynastie. Le plus éminent a été Anthoine. Anobli sous Louis XIV, au rang d'écuyer, lui-même s'est décerné le titre, galvaudé dans la contrée, de Sieur des Parcs. Son rang de major au Régiment Royal des Vaisseaux lui a aussi valu d'être fait chevalier de l'Ordre de Saint-Louis (3). Fait écuyer, pour mérite personnel, les descendants d'Anthoine Bougard n'ont pas été anoblis. Le titre ne devenait transmissible que si un membre de la première génération, puis de la suivante se montraient aussi dignes d'éloges que leur aîné. Ce ne fut pas le cas.



Cette famille de souche locale très ancienne, éloignée de la contrée depuis le XIXème siècle, a laissé son nom à deux lieux-dits. A Reux, c'est le Lieu Bougard. Du domaine passé, le probable berceau de la famille, aujourd'hui propriété de Monsieur Alain Lejeune, subsiste une grande bâtisse du XVIIIème siècle, avec un toit à la Mansart, donc avec un dernier niveau à pans légèrement brisés et recouverts d'ardoises. Une voie d'accès, à travers champs, relie l'habitation à la route de Pont-l'Evêque à Beaumont, la D150. Elle débouche sur le côté gauche de la route, 300m avant le carrefour de la Haie de Buis.

À Saint-Etienne, c'est le dernier et grand herbage, sur le côté gauche de la route de Saint-Martin-aux-Chartrains à Beaumont-en-Auge, la D58, juste avant de pénétrer dans le
bourg. La matrice cadastrale lui a conservé sa première dénomination de Jardin Bougard, le langage courant lui préfère: la Grand'Cour.

Les Bougard à la Cure.
Au XVIème siècle, les informations se font plus rares. Le premier registre paroissial sera ouvert le siècle suivant et les archives ecclésiastiques sont muettes. Les desservants de la paroisse ont perdu en route leur identité cléricale, seul l'homme peut réapparaître, si à des moments importants de son existence, il a fait établir des actes authentiques.

Au début du siècle, la cure était occupée par "maître" Guillaume Bougard, prêtre (4). En 1513, l'abbé Denis le signalait en fonction dans la paroisse (2bis), en 1523, il procédait à un échange de terres avec un propriétaire de la paroisse, Michault Lugan (4). Aucune information pendant quarante années. Puis, le 9 mai 1564, Jehan Bougard, prêtre déjà âgé, accompagné de son frère François, agriculteur, faisait inspecter son patrimoine: un pré à la Hyrousse (les Hérouzes) à Reux et trois herbages à Saint-Etienne, en tout environ six hectares. Pour cette opération, Jehan Bougard avait fait appel à un homme de l'art, à un "mesureur arpenteur juré et certiffié" à "Maistre Georges Quesnel, prestre" (5).

Quelques années après, le 25 mai 1571, Jehan Bougard, plus âgé, monte à Beaumont et confie ses dernières volontés au notaire du lieu. L'abbé tout d'une pièce, déclare être "sain de penser et entendement congnoissant (reconnaissant) qu'il n'est rien plus certain que la mort et chair incertaine". Le pire est à craindre. Puis, l'abbé "recommande son ame à dieu notre createur luy priant quen la faveur de notre seigneur jesus christ il luy face pardon et remission de ses peches et son corps apres son decedz a voullu estre au temple de laditte paroisse de saint etienne". La ponctuation était réduite à sa plus simple expression. Le point, seul, était usité, mais très peu, la virgule, l'apostrophe et les accents étaient inconnus et les majuscules étaient rarement utilisées au milieu d'un texte, sauf pour les noms de personnes. Suivaient, les décisions testamentaires. L'abbé léguait ses biens meubles à Jehan, Marie et Judith Bougard, les enfants de son frère François, auquel il remettait une somme de 80 livres tournois (monnaie frappée à Tours) pour "les frays et impenses (dépenses) des obseques", mais aussi, pour Robine, sa fille naturelle et à Magdeleine Guérault (la mère) pour "ayder a la pourvoir", jusqu'à ce qu'elle soit "prononcee en mariage" (5). Un acte de la même étude, du 5 juin suivant, donc onze jours après, nous apprend que l'abbé était décédé et que parmi les héritiers de ses biens immeubles figurait un certain "Jacques Bougard lequel était reconnu et sa mère était Jehanne Margot". Jehan Bougard, prêtre, avait donc eu deux enfants naturels, reconnus tous les deux. Il était un ecclésiastique dit "indiscipliné".

De tout temps, le Clergé a dépêché des enquêteurs dans les paroisses, aux fins de s'assurer de leur bon fonctionnement spirituel et temporel; ils mettaient aussi des notes de moralité à leurs desservants. Deux historiens ont fait l'analyse des procès-verbaux tenus par les enquêteurs et tiré plusieurs enseignements des notes de conduite attribuées et de leur évolution dans le temps. D'après eux, le prêtre presque parfait aurait vécu vers 1725, les enquêteurs ont alors relevé moins de 5% d'ecclésiastiques indisciplinés. Au milieu du XVIIème siècle, ils étaient beaucoup plus nombreux et représentaient 10 à 20% de l'ensemble. L'étude ne prend pas en compte le XVIème siècle, mais les auteurs assurent que le nombre de clercs indisciplinés était d'autant plus élevé que les liens entre prêtres et fidèles étaient étroits. C'est l'évidence (7).

L'abbé Jehan Bougard n'a pas contribué à l'émergence du prêtre presque parfait de 1725, il était de l'autre côté, l'un des ecclésiastiques indisciplinés du XVIème siècle. Rapprocher l'un de l'autre, fait mieux mesurer ce qui séparait un prêtre, certes indocile, mais que les autorités acceptaient comme tel avant 1725; et le clerc proche de la perfection que l'Eglise a voulu se donner au début du XVIIIème siècle. Tout sépare ces deux modèles d'un même clergé et toute tentative de vouloir faire passer l'un dans le contexte de l'autre se solderait par un échec. L'abbé Jehan Bougard ne pourrait se livrer, aujourd'hui, aux mêmes débordements sans encourir les foudres de l'Eglise, du Vatican et faire les premières pages de la presse locale. À tout le moins, le coupable aurait été définitivement éloigné de la paroisse témoin de ses exploits, après la naissance du premier enfant. Au XVIème siècle, l'abbé a récidivé sans plus de dommage. Un auteur a dit: autre époque, autres mœurs, il devait traiter du même sujet.

Il est hors de propos de porter un jugement de valeur sur la conduite de l'abbé Jehan Bougard, mais il fallait montrer, l'abîme qui s'est creusé, vers 1725, entre le clergé ancienne et nouvelle manière. Quant à l'abbé, il a vécu son sacerdoce dans une société autrement organisée, les prêtres y étaient aussi paysans, avocats souvent, ils ne dédaignaient pas non plus arpenter les terres en soutane.

L'abbé Durand dans la paroisse au XVIème siècle, mais quand ?
La paroisse était desservie par l'abbé Guillaume Bougard depuis 1513, Jehan Bougard occupa la cure jusqu'à sa mort en 1571. Les deux prêtres, membres d'une même famille, semblent s'être succédés à la tête de la paroisse.
La vie de Jehan Bougard, approximativement reconstituée, ne paraît pas s'opposer à cette conjecture. De toute évidence, il a longtemps séjourné dans la paroisse. Le temps déjà de faire accepter à ses paroissiens une vie sacerdotale plus libérée, puis le temps d'avoir deux enfants naturels. Il est d'ailleurs permis de penser que l'abbé aura attendu d'être nommé à la cure, pour donner libre cours à sa vie d'homme mûr. Avant, le poste de vicaire, de suppléant du curé, était peu propice à de telles démonstrations, tenir une conduite réservée était apprécié. Ce premier niveau de hiérarchie était atteint après l'obtention de la prêtrise à l'âge de 27 à 28 ans. La vie sacerdotale de Jehan Bougard aurait donc commencé peu avant 1530 (si nous adhérons à une naissance de l'abbé au début du siècle), quelques années avant, en 1523, son parent Guillaume occupait la cure. Leurs vies de prêtre se sont chevauchées. Entre leurs passages respectifs à la cure, il n'y a jamais eu une plage de temps suffisante pour l'abbé Durand, reconstructeur du transept.

L'abbé Durand a occupé la cure de la paroisse, quand les abbés Bougard l'ont libérée, au moins à partir de 1571 et avant la fin du XVIème siècle.

Revenons aux modifications apportées au gros oeuvre de l'église au XVIème siècle.

b)Le Vitrail de la Vierge.
Le vitrail de la Vierge, du XVIème siècle, orne l'une des baies du transept nord, les trois autres compositions vitrées de cette partie de l'église sont détruites et remplacées par un vitrage moderne. Le vitrail restant serait d'une facture exceptionnelle. Les spécialistes capables de confirmer cette première appréciation sont rares, en plus, ils ne se déplacent pas volontiers. Avant de pouvoir disposer d'avis éclairés, il a été jugé préférable de reporter à plus tard la présentation de la supposée "merveille".

c)La Porte d'Entrée.
La porte d'entrée est du modèle dit "à panneaux", du XVIème siècle. Un probable et dernier souvenir du passage de l'abbé Durand. La porte est effectivement composée de panneaux de plusieurs dimensions. Le motif, placé au centre de chacun d'eux, reproduit le mouvement spontané de repli que prend une feuille de parchemin (peaux de chèvre ou de mouton préparées pour l'écriture), pliée en deux parties égales, comme les documents manuscrits de l'époque. Un bon coup de brosse métallique suivi de l'application d'un produit approprié vous aurait épargné cette description.


Jean PAUL

Références bibliographiques

(1) - Statistiques Monumentales de l'Arrondissement de Pont-l'Evêque, p.225 et 226. Arcisse de Caumont. Éditions du Bastion, 1859.
(2) - Écho Paroissial de Saint-Etienne-la-Thillaye, n°13, décembre 1911, p. 180 et 181, Abbé Louis Denis, curé de la paroisse.
(2bis) - Écho Paroissial de Saint-Etienne-la-Thillaye, n°12, novembre 1911, p. 163, Abbé Louis Denis.
(3) - AD 14, 57 Mi 27, R 45(2)
(4) - AD 14. A 202.
(5) - AD 14. A 202.
(6) - AD 14. 7 E 44, Beaumont-en-Auge 1571.
(7) – Les Français et l'Ancien Régime, vol. 2, Culture et Société, p. 43, Pierre Goubert et Daniel Roche. A. Colin, Éditeur, Paris, 1984.


Le XVIIème siècle

"Une belle charpente", ce sont les termes employés par l'archéologue, Arcisse de Caumont, vers 1850, qui a relevé la date de 1643 sur une pièce de bois de comble (1). Il doit s'agir d'une pièce de celui de la nef, puisque la charpente du transept avait été refaite au XVIème siècle et, vraisemblablement, celle du chœur dont le mur sud a été remonté à la même époque. Vers 1850, la charpente était encore apparente, le lambris peint qui la recouvre aujourd'hui, est un habillage de 1904 (2). Avant sa pose, l'intérieur de l'église était autre. Les combles visibles accentuaient l'austérité du lieu et les grandes poutres qui la traversaient dans sa largeur atténuaient son élévation. De plus grandes dimensions que ses semblables alentour, elle leur ressemblait davantage. La pose du lambris, au début du siècle, ne justifie pas le sciage des poutres, il pouvait, tout aussi bien, le contourner. La décision de les supprimer relève d'une autre intention, de nature inconnue et peut-être esthétique.
Une nouvelle charpente de la nef et une couverture neuve en ardoise semblent être les deux réfections réalisées au cours de ce siècle.


Sur le plan du mobilier, la décoration intérieure s'est enrichie en 1632, de l'accrochage de deux tableaux de grande dimension (3). L'un est une peinture en bois de la Sainte Famille. L'autre, sur toile, représente l'apparition de la Sainte Vierge à Saint Dominique. Les deux portent la signature de Marie Dehouard, qui les a exécutés et les a offert au Conseil de Fabrique, à l'assemblée des paroissiens élus par la communauté. Défigurés par des restaurations maladroites, la Sainte Famille est dans le transept sud et l'apparition de la Vierge dans le transept nord. (Photo années 1920)


Le XVIIIème siècle

Le seul travail d'entretien réalisé au cours de ce siècle doit être la recouverture en ardoise de toutes les parties de l'église, 1764 (4). D'autres réfections ont-elles été effectuées ? C'est peu probable, l'argent manquait. Les compte-rendus des assemblées du Conseil de Fabrique dressaient; inlassablement, l'inventaire des travaux à exécuter; la remise en état des meneaux des baies vitrées du transept n'était pas la moindre préoccupation des paroissiens; mais ils s'empressaient de remettre leur réalisation à l'ordre du jour de la séance suivante. Faute de moyens, on s'est rabattu sur des embellissements de l'intérieur.
Une tendance initiée par l'abbé Jouen de Bournainville, curé de la paroisse de 1730 jusqu'à sa mort en 1741. Il avait légué à la Fabrique, une somme suffisante pour dresser deux autels dans les chapelles du transept (5). Appliqués sur les murs qui relient le chœur aux baies vitrées et d'une hauteur démesurée, depuis 1751, ils masquaient les belles fenêtres du XVIème siècle ouvertes au soleil levant. En 1753, les rétables, la partie verticale au-dessus de l'autel, se sont enrichis de deux tableaux Saint Jean-Baptiste dans le désert et l'Assomption de la Sainte Vierge commandés au peintre Sulpice Pilon (6). Vers 1930, les deux autels ont été transportés entre les baies vitrées du transept où ils sont encore. Les deux fenêtres ont reçu des vitraux d'une mièvre facture en 1937. Les deux tableaux de Sulpice Pilon ont disparu.

La Révolution
Pour la première fois depuis des siècles, l'église traditionnellement animée par un curé et un vicaire en raison de l'étendue de la paroisse a, plusieurs années, manqué de desservant.
L'abbé Thomas Gaubert, curé de la paroisse de 1783 à 1819, a vécu la période troublée de la Révolution. Le même prêtre est le reconstructeur du presbytère.

Le 2 novembre 1790, l'Assemblée Constituante ratifie la Constitution Civile du Clergé. Elle propose à tous ses membres, de substituer à l'autorité séculaire du Pape, celle du Pouvoir Civil issu de la Révolution. À peine un tiers des clercs a prêté serment, une large majorité a refusé de se soumettre. Les prêtres réfractaires seront interdits de culte.

Il serait étonnant que les habitants de la paroisse aient organisé, en un lieu ou un autre, des célébrations d'un autre type. Des cérémonies au culte de la Raison, avant de lui préférer l'Être Suprême. Les autochtones semblent avoir vécu cette période agitée avec un détachement certain.
Ils n'ont pas mis en cause leurs références passées, ni l'ordre de leurs préférences. Le curé restait en tête, suivi de près par l'instituteur de la ci-devant école paroissiale, même s'il avait accepté le poste de secrétaire de l'Assemblée Communale. Et puis, les habitants que se conservatisme heurtait, pouvaient toujours monter à Beaumont où les cérémonies à l'Ordre Nouveau étaient multipliées à loisir.
Là-haut, deux clans s'opposaient. L'un se disait plus patriote que l'autre et au nom de “la République Française une, indivisible, impérissable, victorieuse et démocratique”, chacun dressait son propre Autel de la Patrie et racolait à qui mieux mieux. La fête de l'Agriculture de 1795 ne s'est pas passée autrement. Déjà, un notable creusait un sillon symbolique derrière une charrue toute chamarrée de fleurs et de rubans tricolores. Le citoyen François Saget aussi s'était vu remettre la “couronne civique”, faite de feuilles entrelacées de lierre et de chêne. Devant l'un des autels, on pouvait lire ces vers de circonstance:
L'abondance au-dedans, la victoire au-dehors
Nous vaincrons des tyrans, les multiples efforts.
Les deux cérémonies terminées, on devait danser. On n'a pas dansé. Les représentants des deux partis n'en avaient pas terminé, ils ont repris leurs joutes oratoires. À Beaumont, on savait aussi improviser, le 10 Messidor de l'an IV du calendrier républicain, 28 juin 1795 (7).

Ce clin d’œil sur cette période de tous les excès maintenant satisfait, l'existence tourmentée des membres du clergé ne s'en poursuivait pas moins. L'abbé Gaubert n'a pas prêté serment, le presbytère qu'il a construit vendu comme bien national, interdit de culte et invité à émigrer, il rejoint l'Angleterre. Le 18 septembre 1792, il embarquait au Havre à destination de Portsmouth (8).

Entre 1790 et 1792, entre la Constitution Civile du Clergé et l'expatriation de l'abbé Gaubert, l'exercice du culte semble s'être poursuivi normalement. Le dernier Registre Paroissial où étaient consignés les actes de baptême, mariage, inhumation et les faits marquants ne font état d'aucun bouleversement.
Le 10 novembre 1792, le maire, François Hurel, clôt solennellement le Registre Paroissial et le transfère dans les locaux de l'Assemblée Communale où se tient, depuis, le Registre de l'État Civil (9).


L'abbé Gaubert émigré, la paroisse privée de desservant, devait l'être aussi d'offices dominicaux. Par contre, les célébrations qui ponctuaient le cours de la vie n'ont pas connu d'interruption. Quel prêtre signataire de la Constitution Civile du Clergé a assuré l'intérim avant le retour de l'abbé Gaubert ? Aucune réponse ne peut être fournie, cette période est mal
connue.

Le pacte conclu le 15 août 1801, entre le Pape et le Premier Consul Bonaparte, connu sous le nom de Concordat, rétablit la paix dans l'Église de France et permet à l'abbé Gaubert de retrouver sa cure en 1801 ou 1802. Il a exercé jusqu'à sa mort, en 1819.


Les XIXème et XXème siècles


Construite au début du XIIIème siècle, en dehors du transept et du mur sud du chœur du XVIème, l'église menaçait ruines. Les contreforts délabrés ne maintenaient plus les murs de la nef et du chœur qui se lézardaient. De très importants travaux seront réalisés.

Un accident imprévu va alourdir la note. Le clocher est frappé par la foudre le 14 mai 1822 (10). La foudre a endommagé les couvertures en ardoise, déstabilisé les charpentes de la flèche et de la tour carrée du clocher, atteint aussi le portail. On a réparé, sans modifier l'ordonnance. Cet évènement est l'occasion de faire la revue des clochers.

 

Les clochers de l'église


La foudre est la première cause du renouvellement des clochers. Pour cette raison, l'église, de sa construction (XIIIe siècle) à nos jours, en a accueilli trois modèles.

Le premier clocher
Sur la photo, prise en 1911 (Photo de droite), il faut remarquer la corniche sur laquelle repose la tour carrée. Aujourd'hui disparue, sa présence
a fait dire à Arcisse de Caumont que la tour et la flèche qu'il découvre vers 1850, avaient du remplacer un "clocher-arcade".

Un clocher dont la tour carrée, en appui sur la même corniche, était
montée en pierre de même appareil que le mur occidental dont elle était le prolongement.
La tour devait être percée de fenêtres en fer de lance, dites "à lançettes" du XIIIe siècle. (Photo de gauche) 
Au dessus de la tour carrée, on imagine plus volontiers une flèche classique, de plan carré et de faible élévation.
(Photo de droite)


Le deuxième clocher

L'ordonnance de sa tour carrée devait être la réplique fidèle de celle du clocher-arcade qu'elle a remplacé à une époque totalement obscure. Les tours carrées des deux premiers clochers reposaient donc sur la même corniche, en conséquence, elles étaient de mêmes dimensions. Outre cette similitude, le parfait équilibre du mur occidental n'a pas été obtenu à la pose du second clocher. Il préexistait, la reconstruction effectuée l'a seulement respecté.


 Au premier regard, le mur, traité avec sobriété, semble de peu d'intérêt. C'est encore plus vrai depuis l'arrivée du clocher actuel. Un examen plus approfondi permet d'affirmer que ce dénuement était voulu. Le dessein de mieux faire ressortir les deux parties remarquables, la tour carrée au sommet du mur, à laquelle on avait opposé à sa base, le porche d'entrée. Les deux éléments qui participaient au décor, n'étaient pas, sans raison, de largeur et de hauteur identiques. Le décor a été posé à la construction de l'église. La tour, seule, n'était plus en pierre, on l'avait remontée en bois recouvert d'ardoises.

La flèche du second clocher était d'une autre inspiration. De plan octogonal vue depuis l'ouest, elle était coupée à l'est. Elle n'avait, en réalité, que cinq côtés. D'un profil plutôt désuet, elle prolongeait, dans l'espace, le mur occidental avec élégance.

Sauvergardé par l'homme, le second clocher n'a pas été épargné par la foudre le 3 septembre 1913. Les dégâts sont importants. La foudre a atteint un clocher instable. Réparé trop sommairement le siècle précédent, le Conseil Municipal interdisait déjà la sonnerie des cloches depuis 1912. En 1918, on suspendait toute sonnerie et le 10 avril 1921, le Conseil décidait de tronquer la flèche jusqu'à ce que des conditions plus favorables permettent d'élever un nouveau clocher. Il sera élevé en 1929.




Le troisième clocher

Si le précédent était effacé et mettait en valeur l'édifice, le clocher actuel, frappé d'embonpoint et de gigantisme, écrase tout de sa masse noirâtre. Les photos (1911 et aujourd'hui), sciemment rapprochées, rendent tout commentaire superflu. Pour accomplir ce grand oeuvre, on a descendu la tour d'environ 50 cm sur le mur, détruit la corniche au passage et la tour élargie, il a fallu la rehausser et faire subir le même sort à la flèche. Qu'importait l'édifice sur lequel il serait posé, le clocher devait se voir. Et il se voit!

Si la foudre devait sévir une nouvelle fois, aucune hésitation, il faut revenir à l'un des précédents modèles. L'église y a trouvé un nouveau charme. L'édifice, maintenant désuet, fait valoir le clocher. L'église n'en n'est pas moins unique. 

La reconstruction des murs de la nef et du chœur.
Tranquille Lecouteur, curé de la paroisse de 1820 à 1880, a mené à bien ces deux réfections fondamentales. Les murs de la nef ont été repris en 1846, ceux du chœur en 1874. Une plaque commémorative, scellée dans le mur sud du chœur, perpétue le souvenir de la seconde opération.

Les baies vitrées du transept
Le vitrail a été classé "monument historique", le 30 septembre 1911.

En 1960, les meneaux des quatre baies du transept ont été remontés en pierre et à l'identique. Le vitrail de la Vierge a été déposé, consolidé, ses lacunes comblées, puis remis en place. Les trois autres baies ont reçu des vitraux modernes. Le tout a été réalisé par Leconte, verrier de Caen.

Les stalles et la chaire dans le transept
D'une bonne facture, l'ensemble a été réalisé par Pierre Lemonnier (1911-1976). Inhumé dans le cimetière, Pierre Lemonnier, sculpteur de formation, n'a jamais exercé, mais a réalisé, avec plaisir et sur ses temps de loisir, ces différents meubles destinés au transept et inaugurés en 1948 ou 1949.

Travaux et aménagements récents
1989 – Électrification de la sonnerie des cloches.
1992 – Réfection de la corniche intérieure à l'angle du mur du transept nord et de celui du chœur.
1993 – Ravalement des murs de la façade nord.
1995 – Ravalement des murs de la façade sud.
1997 – Inauguration, le 19 décembre, de l'illumination de l'église et de l'éclairage public du bourg.


Jean PAUL

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

(1) - Statistiques Monumentales de l'Arrondissement de Pont-l'Evêque, p.225 et 226. Arcisse de Caumont. Éditions du Bastion, 1859.
(2) - Écho Paroissial de Saint-Etienne-la-Thillaye, n°13, décembre 1911, p. 181, Abbé Louis Denis.
(3) – E.P. N°14, janvier 1912, p.8.
(4) – E.P. N°13, décembre 1911, p.181.
(5) – E.P. N°13, décembre 1911, p.179.
(6) – E.P. N°13, décembre 1911, p.180.
(7) - AD 14. 1L 1445.
(8) – Journal de la Thillaye, n°9, août 1997.
(9) - AD 14. 9E 575/13.
(10) – E.P. N°13, décembre 1911, p.180.
(11) – S.M., p.225.
(12) – Registre de Délibérations du Conseil Municipal, séance du 2 octobre 1913.


(illustrations JPL)






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