La Thillaye
  L'École
 

 L'ÉCOLE

Le 29 mai 1882, Antoine-Désiré HUREL, maire de Saint-Etienne-la-Thillaye, informe les habitants qu'une enquête d'utilité publique   préalable à l'expropriation du terrain appartenant à Monsieur Margueré, va être ouverte le 30 mai;
Ce terrain est pressenti comme le meilleur emplacement dans la commune pour construire une maison d'école.

Les travaux s'achèveront en décembre 1886. La même année, un instituteur est nommé par le Ministère de l'Instruction Publique. Mais cette école, qui va accueillir tous les enfants de la commune, n'est pas la première à voir le jour à Saint-Etienne.


Avant la Révolution, l'école chrétienne.

Depuis une époque indéterminée, les enfants du village fréquentaient l'école paroissiale, où le curé et son vicaire étaient censés leur dispenser des rudiments d'instruction.
Le 27 novembre 1624, Pierre Legras, trésorier de la Fabrique (assemblée de paroissiens chargée de la gestion des biens de l'église), fait enregistrer, par un notaire de Beaumont, l'entrée en possession de l'herbage situé entre l'église et la route, sous la dénomination de "Jardin de l'Escholle". Le généreux donateur était Jacques le Gouesleir, "écuyer et Sieur des terres et Sieuries (seigneuries) du Buisson-Nourrisson", aujourd'hui lieu-dit le Buisson (1).

 

L'herbage, trop grand pour n'être qu'une cour de récréation, devait être également un lieu de production de fruits et légumes, où les enfants s'initiaient aux travaux de la terre.

Au XVIIIème siècle, l'herbage servait toujours de cour de récréation. En mai 1743, Gabriel Paul, trésorier de la Fabrique, arrête les comptes de l'année précédente. Au chapitre des "Mises" (dépenses), il indique avoir: "payé à Anthoine Lugan et Robert Leprince, la somme de 13 livres, 10 sous, pour avoir raccommodé la chaussée de la cour de l'école" (2).

Nommé vicaire en 1779, l'abbé Gaubert, généreux bâtisseur de l'ancien presbytère (voir "Le Presbytère"), sera fait curé de la paroisse le 23 mars 1783. Il succède à l'abbé Jacques le Chapelain, qui s'est démis de ses fonctions en sa faveur. Le compte-rendu de la cérémonie de passation entre les deux prêtres, signale la présence, dans l'assistance, d'un maître d'école, Jacques Turgis, premier instituteur de la première école d'enseignement général du village (3).
L'établissement d'écoles primaires, à l'initiative du clergé, a pris naissance au XVIIème siècle et s'est développé au siècle suivant.

L'examen des registres paroissiaux laisse planer un doute sur l'efficacité de l'enseignement donné aux enfants. En 1614, moins de 20% des habitants du village apposent leur signature au bas des actes, les autres griffonnent une croix chancelante. À la fin du XVIIIème siècle, la proportion des personnes capables de signer a doublé. Si l'on prend en compte la qualité des signatures, la moitié seulement des signataires a une pratique courante de l'écriture. Ces estimations ne sont pas le fruit d'un comptage méthodique, elles représentent un ordre de grandeur. (4)

Pour le clergé, la pratique courante de l'écriture n'était pas primordiale. Une bonne connaissance du catéchisme, indispensable à l'éveil aux principes de la foi chrétienne des enfants, pouvait être acquise par le seul usage de la parole. Le mot, catéchisme, ne veut d'ailleurs pas dire autre chose. Ses origines grecque ou latine lui confèrent la même signification: "instruction orale".

La vocation de l'école de paroisse n'était pas de dispenser un enseignement général, elle se suffisait de l'apprentissage du catéchisme. Par contre, il est probable que certains enfants, mieux nés ou plus doués, aient bénéficié d'un suivi particulier qui les ai familiarisés avec l'écriture. D'autres, issus de familles aisées, ont acquis un bagage supérieur dans des institutions religieuses.

La durée de fonctionnement de l'école de paroisse de Saint-Etienne n'a pas excédé dix années, du début du ministère de l'abbé Gaubert en 1779, à la Révolution en 1789.

L'instituteur, Jacques Turgis, a prolongé son activité, après la Révolution, à l'école devenue communale.


Vers une école gratuite, mixte et obligatoire.

En 1833, la loi Guizot, du nom du Ministre de l'Instruction Publique du roi Louis-Philippe, fait obligation aux communes de plus de 500 habitants d'entretenir une école primaire et un instituteur. La commune de Saint-Etienne est-elle concernée ?

Le premier recensement de la population en notre possession est daté de 1846 (voir tableaux).

Au milieu du XIXème siècle, la commune compte près de 550 habitants. Il faudra attendre le XXIème siècle pour retrouver de tels chiffres (2008: 547 habitants).
La baisse, constatée à partir de 1851, peut s'expliquer par l'évolution sociale qui touche l'ensemble de la population française au milieu du XIXème siècle.
Le nouveau modèle familial que présentent la bourgeoisie et la paysannerie, gagne progressivement toutes les couches de la société, la natalité diminue. Les paysans cherchent notamment à éviter la parcellisation des terres au moment de la succession en limitant le nombre d’enfants. La Normandie est particulièrement touchée. (5)

À l'époque de la loi Guizot, l'obligation faite aux communes de plus de 500 habitants d'entretenir une école primaire et un instituteur aurait du concerner Saint-Etienne. Pourtant, aucune trace de la présence d'un instituteur ne subsiste, entre le passage de Jacques Turgis, recruté par le clergé avant la Révolution et la construction, un siècle plus tard, d'une école mixte.
L'explication nous est fournie par un document daté d'août 1886. Le Conseil Municipal y demande "la disjonction de l'école des garçons de l'école de Beaumont, constatant qu'il y a plus de cinquante enfants entre six et treize ans à Saint-Etienne, chiffre assez élevé pour occuper un instituteur".

Avant cette date, l'école de Beaumont accueillait donc des garçons de Saint-Etienne.
À cette époque, la scolarisation des filles reste marginale, et si la loi Guizot de 1833 faisait obligation aux communes de plus de 500 habitants d'entretenir une école, elle ne rendait pas sa fréquentation obligatoire.

C'est la loi Falloux de 1850, qui va obliger les communes de plus de 800 habitants, à disposer d'une école de filles. Mais, ni Saint-Etienne, ni même Beaumont, de par leur trop faible population, ne sont concernés. N'en déduisons pas pour autant, qu'aucune jeune stéphanoise du milieu du XIXème siècle, n'est allée à l'école, il existe à l'époque, dans la région, un grand nombre d'écoles chrétiennes qui pouvaient accueillir les filles ... de bonne famille.

Il faudra attendre les lois Jules Ferry de 1881 et 1882 pour voir se réaliser les grands objectifs qui vont modifier le paysage scolaire français. L'instruction primaire devient obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de six à treize ans.

Gratuite, l'école respectera la neutralité religieuse.

C'est dans ce contexte que la maison d'école communale de Saint-Etienne-la-Thillaye va voir le jour.

1886, la maison d'école.

Les travaux de construction d'une école mixte et d'une mairie, s'achèvent donc en décembre 1886. Le procès verbal de réception
définitive des travaux est signé par les quatre parties concernées: Antoine-Désiré Hurel, maire de Saint-Etienne-la-Thillaye; Alcide Lemoine, inspecteur primaire en résidence à Pont-l'Evêque; Auguste Hébert, architecte demeurant à Honfleur et Alphonse Laurent, entrepreneur domicilié à Beaumont-en-Auge.

Le même mois, Emile Levallois est nommé instituteur.

Nous savons que la classe dont il a la charge compte plus de 50 élèves, nombre tout à fait raisonnable pour l'époque. En effet, la moyenne nationale des effectifs constatée en 1880, était de 52 élèves par classe (6).

Par ailleurs, la population de Saint-Etienne restera stable jusqu'en 1914 (voir tableaux), on peut donc imaginer, que le nombre d'enfants scolarisés variera très peu durant cette période. Une photo prise au début du XXème siècle, vient confirmer cette hypothèse; Monsieur Levallois, toujours en poste, y est entouré de 58 élèves.

La Loi du 19 Juillet 1889 transfère au Trésor Public, la responsabilité de rétribuer les instituteurs, jusqu’alors payés par les communes.
Malgré une revalorisation des traitements en 1909 et 1914 (2200 francs puis 2300 francs par an), "le plus beau métier du monde" demeure peu lucratif. En 1914, une enquête classe la France au 24ème rang en Europe pour la rétribution de ses instituteurs.

En complément de ce traitement, les communes accordent souvent une petite rémunération annexe, moyennant de précieux services: secrétaire de mairie, télégraphiste, surveillant de cantine, etc.…

Avec la "classe unique" où l'on dispense tous les niveaux d’enseignement primaire, les années ne comptent pas, seul importe le niveau personnel de l’élève. L’enfant éveillé peut suivre le travail des plus grands, l’élève en difficulté trouve de l’aide parmi les autres.

Sur le chemin de l'école, en 1900.

Le chemin de l’écolier est une véritable épreuve physique. L’enfant parcourt parfois des kilomètres à pied. Il endure le froid, la bise, la pluie, la neige, la boue; il traîne surtout le même fardeau: la gibecière pour les livres, le panier pour le goûter et souvent la bûche, contribution personnelle au chauffage de l’école. Le fameux panier en osier est l’inséparable compagnon de route de l’écolier. La maman y glisse le casse croûte.
Sabots de bois ou souliers de cuir, les différences d’origine ou de fortune jaillissent aussi à l’école. La blouse pourtant, prône l’égalité de rang et de condition. Elle impose aussi un devoir de solidarité puisque les écoliers doivent s’entraider pour boutonner le sarrau qui se ferme dans le dos.

Depuis 1880, il est établi, sauf décision contraire du Préfet, que la classe dure trois heures le matin, de 8 à 11 heures et trois heures l’après-midi, de 13 à 16 heures. Le principe des deux récréations existe depuis 1866.
Les écoles sont fermées les dimanches, les jeudis et les jours fériés.
La date des vacances d’été, qui se prêtait jusqu’alors à de véritables négociations avec le Conseil Académique du département pour tenir compte du calendrier agraire, est uniformisée. Les écoles sont fermées en Août et en Septembre. La rentrée s'effectue le 1er Octobre.
Pourtant, dès le retour du printemps, les travaux des champs détournent encore les enfants du chemin de l'école ...

En 1911, Emile Levallois, instituteur, adresse une requête au Conseil Municipal de Saint-Etienne. Il y demande;
- La création d'une cantine scolaire.
- L'installation d'un filtre dans le puits de l'école: «...l'eau fournie par le puits n'est pas potable, vue sa contiguïté avec les fosses d'aisance, lesquelles ne sont pas étanches.»
- L'autorisation de planter des arbres fruitiers dans la cour des filles: «...la cour des garçons est déjà plantée, les arbres permettront aux enfants de profiter de l'ombre qu'ils fournissent l'été.»
- L'arrêt du balayage des classes par les enfants: la commune décide alors de confier cette tâche à l'instituteur lui-même!

L'école pendant la Grande Guerre.

La guerre est déclarée le 3 août 1914. La veille, le Conseil Municipal de Saint-Etienne, s'était réuni pour une "séance extraordinaire":

L'an mil neuf cent quatorze, le deux août à trois heures du soir, le Conseil Municipal s'est réuni en session extraordinaire sous la présidence de M. Delamorinière, maire.
Etaient présents: M.M. Delamorinière, Derossy, Gabriel Paul, A.Verger, G.Fort, E.Pannier, A.Fleury, R.Cardinne, J.Dufour, V.Férey.

M. le maire expose au Conseil que vu les circonstances actuelles il importe de faire appel aux hommes de bonne volonté, valides, libérés de toute obligation militaire, pour constituer une garde civile communale.

Spontanément, les hommes dont les noms suivent se font inscrire:
1°- Levallois Emile, Instituteur
2°- Derossy Georges, Adjoint au maire
3°- Paul Gabriel, Conseiller municipal
4°- Bénard Edmond, Cultivateur
5°- Leperchey Eugène, -?-
Les cinq hommes ci-dessus seront armés d'un revolver d'ordonnance aux frais de la commune.

Sont ensuite désignés pour prêter main forte, s'il est nécessaire:
M.M. Hurel Henri, Cultivateur
         Leconte Charles, Rentier
         Pannier Eugène, Cultivateur

Le Conseil désigne M. Levallois, instituteur, comme chef de la Garde civile et prie celui-ci de faire les démarches nécessaires en vue de l'achat des armes et des munitions à remettre aux hommes.

Voici donc notre instituteur nommé chef de la Garde civile.

Le 23 octobre de la même année, il adresse, à l'inspecteur d'académie, une demande d'autorisation pour effectuer la rentrée scolaire dans un local privé, car l'école doit accueillir le trop-plein des blessés de l'hôpital militaire de Trouville.


En 14-18, la réquisition de locaux, publics ou privés, afin d'héberger des blessés de guerre, concerne l'ensemble du territoire français, y compris les régions éloignées du front. Dans le cas de l'école de Saint-Etienne, il s'agit, selon les propres termes d'Emile Levallois, de recevoir «des blessés militaires déjà convalescents. Ils occuperont les vingt-cinq lits que j'ai pu trouver dans la commune». Le 27 octobre, il reçoit une réponse favorable de sa hiérarchie.

À cette époque, Emile Levallois est âgé d'une cinquantaine d'années (il est en poste depuis1886). Il cumule plusieurs fonctions: instituteur en charge d'une soixantaine d'élèves, il occupe le poste de secrétaire de mairie pour les communes de Beaumont, Glanville et Saint-Etienne. Chef de la Garde civile communale, il a également hérité de la gérance de la "cabine téléphonique" installée dans son logement de fonction. Madame Levallois, sa femme, assure le standard téléphonique depuis le départ de l'ancienne gérante en juin 1914. (7)
Il apparaît donc comme "l'homme indispensable au bon fonctionnement de l'administration locale".

Pourtant, malgré son âge et toutes ses charges, il est mobilisé le 22 février 1915.
On comprend alors la supplique du Conseil Municipal de Saint-Etienne adressée au Préfet pour que «Monsieur Levallois soit mobilisé sur son poste afin de lui permettre d'assurer ses services».

Il n'en sera rien.
Une institutrice intérimaire est nommée. Elle sera elle-même remplacée en 1917 par Monsieur Taburet, qui assurera également l'intérim en tant que secrétaire de mairie.

Emile Levallois est instructeur dans une école militaire de Seine et Oise.
En 1917, le Conseil Municipal de Saint-Etienne adresse une nouvelle demande afin d'obtenir son rapprochement. Une fois encore, elle reste sans effet.

Démobilisé en novembre 1918, Emile Levallois retrouve son poste d'instituteur ainsi que ses diverses fonctions locales.

En 1920, il prend une retraite bien méritée. Il aura passé 34 années au service de l'école et de la commune de Saint-Etienne-la-Thillaye.

L'entre deux guerres

À la rentrée d'octobre, le nouvel instituteur se nomme Henri Lebesnerais.

Il hérite d'une classe moins nombreuse car la population a fortement baissé. La guerre est passée par là. L'absence des hommes a provoqué, comme partout en France, une chute de la natalité de 1915 à 1919. L'année scolaire 1923-1924, la classe de Saint-Etienne ne compte plus que 37 élèves (photo).




En septembre 1922, le Conseil Municipal adresse une demande particulière au Préfet:

Le Conseil Municipal,

Vu la demande dont il est saisi pour intercéder près de M. le Préfet pour que l'heure des classes soit fixée suivant l'heure normale que tous leurs travaux agricoles les obligent à suivre.

Prie Monsieur le Préfet d'autoriser M. l'Instituteur public de mettre ses classes à l'heure solaire.


Depuis 1917, la France a adopté l'heure d'été.
 
À l'époque, la guerre sollicite fortement les moyens de productions et d'échanges, extrêmement gourmands en énergies. André Honnorat, député des Basses-Alpes, propose le vote d'une loi consistant à avancer d'une heure l'heure légale de manière à diminuer d'autant les consommations publiques en gaz, en électricité et en pétrole. Malgré un accueil rétif des parlementaires, plusieurs lettres d'injures et même de menace de mort, le Parlement fini par adopter cette loi le 19 mars 1917.

À la campagne, ce changement d'heure bouleverse les rythmes quotidiens. Le bétail ne connaît que l'heure solaire, la traite se trouve décalée. D'autre part, les enfants, impliqués dans les travaux de la ferme, doivent souvent effectuer des corvées avant de partir à l'école.
Des dérogations seront accordées par les Préfets pour que les horaires scolaires en milieu rural retrouvent le rythme naturel du soleil (9h-12h, 14h-17h).
Le passage à l'heure d'été est abandonné en 1946 après une certaine confusion car, pendant l'occupation, la France du nord est passée à l'heure allemande. Nous conservons une heure de décalage avec notre étoile.

Ainsi, depuis 1976, année durant laquelle l'heure d'été a refait son apparition, nous comptons deux heures de décalage avec le soleil, de fin mars à fin octobre. Durant cette période, notre heure correspond à celle du fuseau horaire de Varsovie!


La fée électricité

Février 1926

M. le Maire (Gabriel Paul) donne communication au Conseil Municipal des démarches qu'il a fait pour l'électrification des bâtiments communaux (Presbytère, École, Mairie). Il informe l'assemblée que le Directeur de la Société d'électricité du Littoral Normand donne à M. Paul l'autorisation de brancher la ligne d'alimentation sur son transformateur de tension. Il met sous les yeux de l'assemblée le devis présenté par Monsieur Maës, électricien à Pont-l'Evêque comprenant l'installation de la ligne à basse tension, l'installation de tout le matériel d'éclairage dans les diverses pièces des bâtiments communaux, le tout conformément aux descriptions contenues dans le devis, pour la somme globale de: Trois-mille-huit-cents-quatre-vingt-cinq francs.

 Les bâtiments communaux seront donc les premiers à bénéficier de l'électricité. Pour les particuliers, l'installation prendra plusieurs décennies. En 1931, le Conseil Municipal fait état "des difficultés qu'il y a d'électrifier notre campagne dont la population est disséminée". Effectivement, il faudra attendre le début des années 50 pour que la totalité des habitants profitent des bienfaits de la fée électricité.

L'éclairage électrique de l'école est un progrès considérable.


L'installation de fontaines à usage de lavabos en 1932, suivie du chauffage central en 1939, viennent compléter la modernisation des locaux.

(Photo: une classe en 1920)

La salle de classe a changé de visage, les lampes à pétrole et le vieux poêle à bois ont fait place aux ampoules et aux radiateurs.
La cantine, créée en 1911, dispose maintenant de "réchauffe gamelles".

 L'occupation

 Dès le mois de mai 1939, au regard des tensions internationales, les communes s'organisent pour accueillir des réfugiés en cas d'hostilités.

À Saint-Etienne, le Conseil se prépare à cette éventualité et évalue à 150 le nombre de personnes déplacées que la commune pourrait héberger.

Un comité de non-mobilisables est organisé. Ce comité serait chargé, le cas échéant;

1° - D'aller chercher, aux gares de Pont-l'Evêque, Canapville et Trouville, les réfugiés destinés à la commune

2° - A la désignation des locaux susceptibles d'être rapidement aménagés pour la réception des réfugiés (paille, lits).

3° - A l'achat de paille et matériaux nécessaires à cet aménagement.

4° - A la désignation parmi ce comité des membres susceptibles d'organiser le ravitaillement et d'en effectuer le transport.

 En 1939, les français s'attendent à revivre, comme en 14-18, une guerre de positions avec ses cortèges de réfugiés. L'offensive allemande de mai et juin 1940, va surprendre par sa rapidité et sa puissance. C'est la débâcle. Les populations jetées sur les routes doivent très vite rebrousser chemin et rentrer chez elles.

  Sous l'occupation, le fonctionnement de l'école sera peu affecté. Le gouvernement de Vichy maintient l'essentiel des programmes scolaires. Il n'y a pas de mutations ou d'emprisonnements d'enseignants.

Pourtant, si l'on ne peut pas parler de reprise en main idéologique comme dans d'autres pays occupés, le portait du maréchal Pétain qui trône sur les murs des classes et le célèbre "Maréchal nous voilà" que doivent chanter les élèves à la suite de la Marseillaise, entretiennent un véritable culte de la personnalité.
Il accompagne la propagande destinée à former les jeunes aux idées du nouveau régime.

À Saint-Etienne, en 1942, le Conseil Municipal approuve le projet d'aménagement d'un terrain scolaire pour l'éducation physique et sportive.

Il sera terminé en 1944 et comprend; un sautoir en hauteur, un sautoir en longueur, un terrain de volley-ball, une poutre, un portique et des paniers de basket-ball. Le terrain de sport est sous la surveillance de l'instituteur.

 JPL

À suivre...





Cet article a été rédigé à partir d'un document réalisé par M Loisel, instituteur à St Etienne (1995 - 2000 ?), et sa classe. (L'école de Saint-Etienne-la-Thillaye)
Autres sources et références:
1 - A.D.14, 8F 28.358.
2 - Jean PAUL, fond personnel
3 - Echo Paroissial de juin 1911
4 - A.D.14, 5 Mi 27, R.45 2 et suivants.
5 - Les campagnes françaises à la fin du XIXème siècle. Marie-Gabrielle Ely et Jean-Marc Goglin. http://www.19e.org
6 - Mémoires d’école de Marie et Jacques Gimard - Edition Le Pré aux Clercs 1998
7 - St Etienne à travers le 20ème siècle (Mairie de St Etienne la Thillaye)





Commentaires sur cette page:
Commentaire de Bab( tapiouhotmail.com ), 17/08/2013, 07 07 37 (UTC):
C'est un travail formidable, complet, sans être lassant ni rébarbatif.



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